23 novembre 2017 / Conférence de Joseph Deiss « Oublis et hérésies en économie » en collaboration avec Alumni HEG/HSW Fribourg

La peur du changement, quand l’histoire et la science économique sont mis
en touche dans un doux mélange d’hérésie

Dès ses premiers mots, la définition d’une hérésie est posée. Nous parlons d’une thèse en opposition aux doctrines officielles, respectivement d’un refus de faits scientifiques ou de l’Histoire. Fort de cette introduction, Monsieur Deiss donne le ton de son discours et s’empresse d’affirmer que les slogans et même la mauvaise foi sont trop souvent préférés aux résultats, aux faits démontrés.
A ce titre, l’éminent docteur en économie dénoncera quatre hérésies et oublis devant  son audience, laquelle audience est composée de quelque 70 membres des associations « alumni heg-hsw Fribourg », ainsi que de « Fribourg International », sans oublier quelques amis.


1) Les robots tuent les emplois
En début d’année, un renommé docteur en droit suisse a émis l’affirmation que les robots doivent se voir attribuer la personnalité juridique. Est-ce le début d’une génération pathétique de personnalités juridiques attribuées à des choses utiles à notre quotidien ? Faut-il également doter notre bonne vieille clé anglaise d’une raison, s’exclame l’économiste fribourgeois ? Une douce hérésie qui fait sourire l’assistance. Dans la même veine, le conférencier ironise sur une citation d’un CEO d’une compagnie d’assurance suisse, selon lequel il n’est guère possible d’imaginer que les robots puissent créer des emplois.


L’orateur rappelle cependant que l’on n’a jamais été aussi prospère que depuis l’arrivée de l’automatisation et de l’informatisation, ainsi que par le soutien des robots dont l’engagement a contribué à réduire la pénibilité de nombreuses tâches. Mais le changement ne va pas de soi, et il en a souvent été ainsi : la nouveauté et l’innovation ont fréquemment fait les frais de la jalousie ou de la peur, à l’instar par exemple du bateau à vapeur (Denis Papin, 1707) ou du métier à tisser (J.M. Jacquard, 1752), inventions détruites aussitôt apparues (Alfred Sauvy, 1980) ! Or, ces deux inventions ont permis, avec le temps, la création de milliers d’emplois dans leurs secteurs respectifs. De plus, elles ont réduit considérablement la pénibilité des tâches manuelles. Bien évidemment, le développement de la robotisation va poser des problèmes pour certains types d’emplois. Il convient dès lors de trouver les moyens et les mesures d’accompagnement tant économiques que politiques.


2) Le doux fiel du protectionnisme
Malgré une démonstration historique des bienfaits de l’échange dans l’économie, certains pensent encore que le « libre échange » menace les échanges. Aujourd’hui, cette hérésie n’est-elle pas au cœur même de la politique économique de plusieurs pays ; dont celle des Etats-Unis ?


La science économique a prouvé à maintes reprises que la création de valeur profite toujours aux deux partenaires. Pourquoi dès lors oublier ses principes et conduire des politiques de protectionnisme d’Etat ? Ou alors, l’intervention de l’Etat dans l’économie biaise les données de l’échange, tel l’exemple du coton ghanéen (connu pour être le meilleur), lequel coton est boudé au profit d’une importation de cotons américains, cela grâce aux subventions du gouvernement d’outre Atlantique…


3) L’Etat devrait créer des emplois
Le sujet est rapidement balayé par le professeur. L’Etat doit laisser le marché décider de l’échange (auto-régulation). Son rôle est de créer les conditions cadres pour que les entreprises puissent décider sur des bases équitables.
Le postulat revient à dire que les entreprises assurent les emplois selon les règles de l’offre et de la demande.


4) Le danger de la surpopulation
C’est un fait, des 28 Etats européens, quasiment tous sont en déficit de natalité. La migration permet dès lors d’équilibrer les soldes avec certaines catégories de travailleurs pour assurer le bon fonctionnement de l’économie. L’ancien Président de l’ONU rappelle à tous qu’il ne faut pas mélanger les sujets : la politique de libre circulation n’est pas associée au thème des réfugiés.


Ayant conjuré ces quatre hérésies majeures, l’excellent orateur conclut son exposé avec l’optimisme qui le caractérise :
« Nous n’avons jamais eu un pareil niveau de bien-être ! »
Il mettra en exergue deux éléments particulièrement garants de prospérité pour l’avenir : l’accès aux écoles d’une part, et l’espérance de vie de plus en plus longue (excellent niveau de santé) d’autre part. Et bien que la Suisse ne représente que1‰ de la population mondiale, elle engendre près de 1% des revenus planétaires. Monsieur Deiss assure dès lors que notre nation peut poursuivre son évolution digitale et de modernisation des activités, tout en générant de manière pérenne des emplois, naturellement orientés vers le secteur des services.


Pierre-André Brechbühl et Lucien Wuillemin

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